Welcome to the Khao Thai Restaurant

Reviews

Le Droit | Week-end, vendredi 25 juin 2004

Un resto thaï un peu mieux réussi
By Jury, Pierre

Dernier venu dans la longue liste de ces restaurants nationaux, Khao Thaï prouve qu'il y a toujours de la place pour un établissement de choix.

Les thaïs pullulent. Dans le secteur Hull, trois ont ouvert en l'espace de quelques mois, il y a deux ans. À Ottawa, il y en a une bonne demi-douzaine d'intéressants et la compétition ne semble effrayer personne. De fait, Khao Thaï s'est installé à trois pas de Royal Thaï, à l'angle des rues Murray et Dalhousie.

Mais les restaurants thaïs sont souvent mornes au regard. Alors que la cuisine thaï s'efforce de présenter de beaux plats et qu'elle a fait de la décoration de ses fruits un art bien à elle, bien des maisons thaïs de la région ne sont que de petites salles à manger ordinaire, ornées de quelques affiches et artefacts patrimoniaux. Jusqu'ici, l'exception à la règle était Green Papaya, rue Nepean... où malheureusement, la qualité des repas n'égalait pas la beauté des lieux.

Khao Thaï réussit un peu mieux ce mariage. Le restaurant occupe un grand local où plusieurs tenanciers de bars se sont cassé les dents. Les copropriétaires, les Borle, réussiront-ils à y faire vivre un resto ? Ils ont certainement bien aménagé les lieux, ouverts depuis deux mois à peine. Et les clients sont au rendez-vous. Des réservations sont de mise : ce samedi soir-là, nous allions occuper la dernière table disponible.

Une telle soirée est propre au dépaysement et à la détente. Pas les autres clients, visiblement, qui ont vite mangé et déguerpi. À 21 h 30, nous étions presque seuls, mon compagnon et moi. Mais nous n'étions pas là que pour manger, mais bien pour goûter à une expérience gastronomique complète, à mi-chemin entre la Chine et l'Inde, et qui ont laissé en héritage le riz omniprésent, dans un cas, et le cari, dans l'autre. À noter, par exemple, qu'il n'y a pas de couteau à table. En Thaïlande, viande et légumes sont déjà taillés en bouchées. Quant à la vaisselle, elle est remarquablement belle.

Le menu est long : 60 plats, plus 25 autres végétariens ! Choisir est un défi. Le prix n'est pas un facteur important : outre les soupes et les entrées à 6-7 $, le prix des plats oscillent surtout entre 9 et 11 $.

Les portions sont petites. Nous partageons un Khao Combo (11,95 $) qui ne vient qu'aiguiser notre appétit. Les brochettes de poulet (satays) s'enfilent en deux bouchées, de même que les minuscules roulés impériaux frits, mais pas gras. Deux fines tranches d'orange, couronnées de porc émincé et d'arachides rôties (miang som), viennent compléter l'assiette. Des cubes frits de tofu (tow hoo tod, 5,95 $) combleront un peu le creux de nos appétits.

J'y vais avec une spécialité, du poulet mariné et cuit dans des feuilles de pandanus, que je soupçonne être parent avec le bananier. Sur le gril, la feuille imprime une saveur à la viande déjà délicatement relevée. Très doux... mais un peu cochon, car il faut défaire chaque bouchée à la main, les feuilles noircies s'effritant entre nos doigts. Une sauce accompagne le tout, que je dégusterai avec une portion de riz au jasmin (1,50 $).

Il aime les plats bien relevés, résultat de ses quelques années passées dans ce pays. Il se tourne ainsi vers le cari rouge (gaeng dang, 10,95 $) d'ordinaire plus relevé que le vert, qui est doux, et le jaune, modérément épicé. Le tout lui plaît bien, quoiqu'il note que la force pimentée de ce plat a été "ajustée" pour les palais nord-américains. Il remarque aussi que la présence de saumon au menu, poisson peu populaire là-bas, est un autre ajustement pour la clientèle d'ici.

La sauce au lait de noix de coco est délicate malgré son piquant. Les épices, dans son plat comme le mien, sont le résultat d'un mélange savant, témoignage de cette cuisine goûteuse.

Le riz est légèrement parfumé au jasmin et ayant faim, nous en commanderons deux autres petits plats.

En finale, du riz collant et sucré, un délice... complété par un gros morceau de mangue bien mûre, fruit très populaire là-bas. Et un thé au jasmin, encore là très doux.

NOTE : Ouvert de 11h30 à 14h30 tous les jours et de 17h à 22h environ du lundi au samedi. Accessible aux personnes handicapées.

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