Welcome to the Khao Thai Restaurant

Reviews

Voir | August 26th, 2004

New Look Thai
By: Christine Moisan

a réputation des restaurants ethniques ne tient certes pas à leur décor. Chinois, Vietnamiens, Thaïs, Éthiopiens semblent trop souvent tabler sur l'exotisme de leur cuisine et oublient qu'ambiance et service sont aussi une partie intégrante de l'expérience gastronomique. Mais dans la foulée d'un nouvel engouement pour les cuisines du monde, certains restos ont commencé à se faire une beauté, question de se démarquer.

Ouvert depuis le printemps, Khao Thai, nouveau venu sur la rue Murray, est sans contredit un ajout intéressant au paysage du Marché By. N'en ayant entendu que du bien, je me suis difficilement retenue d'y courir - le métier exige qu'on laisse à un établissement le temps de peaufiner les détails en cuisine et en salle. Mais voici qu'en cette soirée où Leah et moi avons toutes deux grand besoin d'un petit remontant, nous nous y dirigeons avec enthousiasme.

La surprise, donc - même si on me l'avait dit et redit - tient d'abord au décor. L'espace est élégant, décoré d'objets et d'images de la Thaïlande; ameublement, couverts et vaisselle portent le même souci de bon goût, loin du kitsch exotique. L'accueil est tout sourire, et bien que notre serveur n'ait de thaï que le costume... et l'épouse (!), nous ne saurions lui en tenir rigueur tant il est sympathique et avenant.

Le menu qu'on nous propose, bilingue, est vaste. Très vaste. Trop vaste? Pour les grandes angoissées de la décision que nous sommes, les dizaines de plats qui s'étalent ici annoncent de longs et douloureux débats. Si nous nous entendons rapidement sur les entrées, ce sont les plats qui nous donneront du fil à retordre: caris? sautés? poisson? poulet? plats végétariens? Tout y est.

En entrées, deux grands succès: d'abord, une salade de papaye verte finement râpée est tout en fraîcheur, offrant un équilibre parfait entre le sucré, le salé et l'épicé. Tout aussi réjouissante est une assiette de Miang Som, quartiers d'orange ouverts en papillon sur lesquels est déposé un délicieux mélange de porc haché, arachides broyées, sucre brun et piment fort.

Nous poursuivons avec un Makua Yaow Len Goong, sauté de crevettes, aubergines et poivrons: bon, mais pas renversant. Les crevettes sont nombreuses et cuites juste ce qu'il faut, alors que les aubergines sont bien fondantes, mais on voudrait l'ensemble un brin plus relevé. Comme deuxième plat, nous avons arrêté notre choix sur le Gai Hor Bai Toey. Des morceaux de poulet bien dodus, tendres et juteux sont marinés, puis enveloppés et cuits dans des feuilles de pandanus (proches cousines des feuilles de bananier), qui donnent un petit goût sucré-salé à la viande qu'elles embrassent. Le tout est servi avec une sauce aux prunes et sésame qui pèche par un léger excès de sauce de poisson. Ces deux plats sont accompagnés d'un excellent riz collant servi dans un de ces mignons paniers à couvercle. Nous terminons avec un thé à la citronnelle à la saveur un peu terne.

Somme toute, l'expérience invite à revenir - il reste tant de choses à goûter! Et à une quarantaine de dollars pour deux, avant vin, taxes et pourboire, on pourra se permettre de tout essayer!

Back